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Richard Mille à la rue du Succès

Richard Mille à la rue du Succès

Auteur: Jean-Philippe Arm

Proart, la fabrique de composants et de boîtiers Richard Mille, prouve dans les faits qu’elle est à la bonne adresse.

Au Café du commerce horloger, Richard Mille est systématiquement citée parmi les rares marques qui marchent vraiment ces temps-ci. Au SIHH, elle ne présentait curieusement qu’une seule nouveauté, l’époustouflant chrono tourbillon à rattrapante RM 50-03 McLaren-F1, un poids plume de titane, carbone et graphène. Ce n’est pas avec lui que la marque va faire du volume, il ne dépassera pas 75 exemplaires. Il y avait certes des déclinaisons de modèles existants plus abordables, mais pas tant que ça. Une explication était avancée : les lancements allaient se faire tout au long de l’année.

La manufacture jurassienne tournerait à plein régime, pour satisfaire une demande asséchant au fur et à mesure ses canaux de distribution. Vraiment ? Pour en avoir le cœur net, la visite des ateliers s’imposait une nouvelle fois.

Nous sommes donc retournés chez Valgine aux Breuleux. Dans le haut du village, nous avons retrouvé une usine restructurée, avec de nombreux vrais horlogers, au travail dans des ateliers rééquipés avec ce qui se fait de mieux aujourd’hui et dans une ambiance manifestement au beau fixe. Comme l’ensemble du personnel, ils sont tous de la région. Il y a des signes qui ne trompent pas, des sourires éclatants, des commentaires enthousiastes. Les Jurassiens sont parfois cabotins, mais pas tous comédiens.

Puis nous sommes allés, dans le bas du village, à la rue du Succès qui porte si bien son nom, du moins pour son dernier bâtiment. On sera plus réservé pour ses voisins immédiats. La fabrication des boîtiers et des composants des mouvements maison est réunie à l’enseigne de Proart Prototypes, qui appartient au groupe Richard Mille. Celui-ci n’a pas renoncé pour autant à ses excellents fournisseurs Renaud Papi, Vaucher et Dubois Dépraz, pour toute une série de modèles, dont il maîtrise lui aussi la production, en parallèle. Mais elle assume désormais la croissance de son volume de production avec ses propres mouvements et de nouveaux calibres. Objectif 2017 : 4000 pièces. Remarquablement équipée la manufacture d’en bas a pu accueillir une partie des équipes du haut qui étaient de plus en plus à l’étroit. Mais la saturation guette à nouveau et l’on envisage déjà une nouvelle extension sur les terrains adjacents. L’intégration de nouveaux métiers se poursuit, pour accroître la réactivité d’une entreprise tournant effectivement à plein régime et maintenir le dynamisme d’une marque qui pète le feu.