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Le bon moment de tirer sa révérence

Le bon moment de tirer sa révérence

Auteur: Jean-Philippe Arm

Pourquoi je tire ma révérence ? Ne cherchez pas trop loin. Il se trouve juste que j’ai 68 ans cette année. L’âge de la retraite, fixée à 65 ans pour les mâles suisses, est en discussion un peu partout. Quel est le bon moment ? Pour les indépendants, il n’y a personne qui vous pousse vers la sortie. Alors il faut trancher soi-même. Avant que le médecin ou la conjoncture vous l’impose, que les affaires ou les rotules se grippent. Et je ne parle pas des neurones. C’est ainsi qu’en toute sérénité, j’ai décidé que 2017 était le bon moment pour mettre la clé sous le paillasson. Pourquoi s’étendre là-dessus ? Tout simplement parce que dans la presse écrite, comme dans l’horlogerie, les histoires d’amour finissent souvent mal par les temps qui courent. Pouvoir écrire le mot FIN avec le sourire, quand tout va bien notamment sur le plan comptable, c’est un vrai privilège. Et cela s’accompagne de reconnaissance pour tous ceux qui ont permis l’exceptionnel parcours de Watch Around.

Merci à mes actionnaires, à mes collaborateurs pour la plupart eux aussi indépendants, à ma garde rapprochée, à tous mes potes horlogers, à nos annonceurs, et bien sûr à nos lecteurs. Sans vous, etc, etc…

Des noms ? Pour s’en tenir à la création et à l’envol du magazine, je pense à Pierre Landolt et Pierre-Alain Blum, actionnaires historiques, tous les deux à titre personnel, qui m’ont laissé les coudées franches, totalement franches. Leur attitude a été admirable, exemplaire même, avec une résonance particulière ces temps-ci quand on parle de soutien à une presse aux abois.

Voici comment ils envisageaient leur implication. Pour remplacer Nicolas Hayek, qui m’avait donné l’impulsion initiale, mais avait quitté la société avant la sortie du premier numéro et retiré ses billes, nous avions rencontré un candidat au siège laissé vacant. Après avoir expliqué pourquoi tous deux soutenaient Watch Around, Pierre-Alain Blum avait défini leur rôle d’administrateurs, avec son franc-parler habituel. « Pas question d’intervenir sur le contenu. On fait confiance au rédacteur en chef, chacun son job, c’est lui le professionnel. Bon, il y a des limites bien sûr. Si un jour il n’y avait plus que des femmes à poil dans le magazine… » Désolé pour les amateurs, il n’y en a pas eu. Mais ça vous le saviez déjà.

La porte est-elle vraiment close ? Tiens, il y a encore de la lumière chez Watch Around… La génération suivante, peut-être, qui planche sur un nouveau projet. Vous connaissez l’adresse pour être tenu informé : www.watch-around.com. Mais pas de précipitation, la jolie formule « laisser du temps au temps » est toujours pertinente et inusable.