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Une révolution de saphir pour la répétition minutes

Une révolution de saphir pour la répétition minutes

Auteur: David Chokron

Le modèle L.U.C Full Strike mesure 11,5 mm d’épaisseur pour 42,5 mm de diamètre. Son mécanisme de sonnerie est visible côté cadran.

En 2016, Chopard fête les vingt ans de sa manufacture de Fleurier et de sa collection L.U.C avec le lancement de plusieurs modèles. Le clou de cette célébration est sa première montre à répétition minutes, la L.U.C Full Strike. Cela fait longtemps que la manufacture planche sur la plus noble des complications. Durant ce temps, elle a vu arriver sur le marché nouveautés après nouveautés, dont plusieurs ont élevé la qualité des répétitions minutes au-dessus du murmure feutré dans lequel elles se complaisaient. Il lui fallait une proposition unique, saillante. Ce sera le saphir. Après les rubis, les verres inrayables et les boîtiers invisibles, le cristal de corindon trouve une nouvelle application, brevetée par Chopard. Dans la L.U.C Full Strike, les timbres qui génèrent le son sont réalisés en saphir et d’un seul tenant avec le verre de la montre.

Puriste
La Full Strike est une répétition minutes pure. Pas de complication ajoutée, elle ne donne que l’heure, aux yeux et aux oreilles. Elle embarque le nombre le plus élevé de systèmes de sécurité jamais vu. Ceux-ci visent à protéger le calibre 08.01-L des risques de casse liés aux nombreuses manipulations inadaptées des propriétaires. Sa sonnerie tire son énergie d’un barillet dédié, suffisamment puissant pour répéter l’heure douze fois consécutives, et s’actionne par un poussoir logé dans la couronne. Ce qui en fait une montre unique. Au-delà de l’inventivité et des brevets, elle atteint un résultat très rare, pourtant le seul que l’on demande à une répétition minutes. Elle sonne fort, en rythme, avec un son riche et résonnant. Cela n’a l’air de rien, écrit ainsi. Or les montres capables de rivaliser avec la Full Strike se comptent sur les doigts d’une main. En effet, elle est presque aussi puissante que la plus audible de toutes. Son mécanisme de répétition minutes est absolument silencieux : l’échappement est son seul bruit de fond. Chaque son reste suspendu dans l’air pendant près de deux secondes, un record. Sa richesse tonale est dans le top trois des montres actuellement disponibles. Et point le plus intéressant, sa personnalité sonore, sa voix, n’a pas d’équivalent. Elle se rapproche, par sa chaleur et sa plénitude, du tintement d’un verre en cristal. Tout cela dans une enveloppe classique, en or rose à l’approvisionnement éthique et durable, conforme aux codes classiques de la gamme L.U.C. Loin des designs bodybuildés, celle-ci rassemble les complications de Chopard. La montre arbore également le Poinçon de Genève, un niveau exceptionnel de finitions réalisées à la main et une platine tout en maillechort non traité.

Homogène
La Full Strike est véritablement unique par deux aspects. Elle emploie une matière non-métallique pour créer des vibrations sonores dans une montre et présente une cohérence totale entre l’excitateur et le diffuseur. Dans une enceinte de haute fidélité, un courant électrique pilote un aimant. Cet excitateur transforme l’information électrique en vibration physique, qui est transmise dans l’air par un diffuseur, le haut-parleur. Ces ondes acoustiques sont captées par le tympan et ainsi naît la musique. Dans une montre à sonnerie, un marteau en métal frappe sur un timbre. Cette longue tige (en acier, en or parfois) fait vibrer la boîte et le verre, les diffuseurs, avec une efficacité qui dépend de leur jonction. Plus leur couplage est intime, meilleure est la transmission du son. Certaines marques vissent les timbres à la boîte ou les collent au verre. D’autres châssent le mouvement dans la boîte au lieu de l’y visser, augmentant leur surface de contact. Dans tous les cas, boîte, verre et timbres sont discontinus et hétérogènes. Il s’ensuit une déperdition d’intensité et une transformation de la personnalité sonore. La Full Strike est seule à proposer une homogénéité. A tel point qu’elle se désintéresse du couplage avec la boîte et se concentre sur la surface la plus grande de la montre, le verre, équivalent de la membrane du haut-parleur.

Dur
Le saphir ressemble à du verre, en infiniment plus résistant. Chopard assure qu’après deux millions de frappes de ses marteaux en acier, les timbres de la Full Strike ne sont ni fêlés, ni cassés, ni usés. Entre les doigts, la pièce verre / timbres est étonnante de souplesse et de fragilité. On imagine mal à quel point sa fabrication a donné du fil à retordre. Toute manufacture que soit Chopard, elle ne fabrique pas ses verres saphir. Quatre ans de collaboration avec son sous-traitant ont été nécessaires pour usiner dans la douceur un matériau presque aussi dur que le diamant. Dans un bloc d’un bon centimètre d’épaisseur, il leur faut tailler une grande lentille et le talon qui la relie à deux longues excroissances, suspendues dans le vide et qui ne mesurent pas un millimètre de section. Or façonner un élément de boîtier en saphir, y imprimer une courbe, en travailler les arêtes prend des centaines d’heures d’usinage et plusieurs changements d’outils de coupe.

Riche
Au-delà de la force du son, la plus grande surprise de la Full Strike est sa richesse harmonique. Comme dans un vibraphone, elle génère une vibration complexe qui se traduit par un plaisir à l’oreille. Car n’en déplaise à certains, la qualité d’un son n’est pas seulement une affaire de goûts, qui sont tous dans la nature, même les mauvais. Elle est aussi quantitative. Afin de définir les fréquences de vibration du verre, c’est-à-dire les notes qu’il émet, Chopard s’est associé à une école d’ingénieurs française spécialisée en acoustique et en génie des matériaux. Ensemble, ils ont calculé l’intégralité des cotes de la pièce, dans les trois dimensions. C’est ainsi que sont produits les notes sélectionnées, do et fa, et surtout un grand nombre d’harmoniques de premier, second et troisième ordre, responsables de la richesse du son. La durée de la vibration est un effet naturel, insoupçonné, du saphir. Ainsi, pour la première fois de l’histoire des montres à répétition minutes, l’étape cruciale de la mise en son est inutile. Le timbre est pré-accordé de naissance, ne nécessite pas d’être coupé, limé, taillé en biseau au point d’attache et autres opérations secrètes et empiriques. Chopard n’a pas eu à travailler les volumes internes de son boîtier, habituellement alambiqués. Pas besoin d’en affiner les parois pour le rendre plus léger et propice à l’excitation sonore. Complexe à développer, la Full Strike sera au final plus simple à assembler.

Pratique
Par souci de fiabilité et d’ergonomie, le calibre 08.01-L est équipé d’une série de systèmes de sécurité. Dès que la sonnerie est engagée, la couronne est déconnectée du mouvement. Impossible de remonter, de régler la montre ou de réenclencher une sonnerie. Ce mouvement présente une architecture particulière. Au lieu d’un sandwich, où la répétition minutes est au dos et le reste du mouvement côté cadran, tout est sur un seul plan et la sonnerie est visible à travers un cadran ajouré, comme le veut la tendance. La montre possède deux barillets, remontés par la couronne grâce à un différentiel. Avec le premier, la chronométrie est préservée et grâce au second, la montre peut sonner plusieurs fois à la volée, sans réarmer le mouvement. Lorsque cette réserve d’énergie-là est insuffisante, son indicateur situé à 2 heures, débraie la sonnerie pour éviter qu’elle soit incomplète. Enfin, dernier plus, réellement rare, il n’y a pas de vide entre les heures, les quarts et les minutes non sonnés. Les trois rochets sont empilés et s’entraînent mutuellement. S’il est 3 h 29, la montre enchaîne trois fois do, une fois do-fa et quatorze fois fa, sans les silences qui tarent la quasi-totalité des autres montres à sonnerie. La Full Strike est donc pratique, portable, orientée vers une certaine conception du confort de l’utilisateur et sonne extraordinairement bien. Peut-on rêver mieux?