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Une montre suisse sinon rien...

Une montre suisse sinon rien...

Auteur: Jean-Philippe Arm

La création d’un nouveau magazine relève de la même problématique que le lancement d’une nouvelle marque ou d’un nouveau produit. Il y a d’abord de très bonnes raisons de ne pas le faire parce que le marché est saturé, que tout a déjà été fait, déjà dit et déjà oublié. Ce constat raisonnable et le plus souvent réaliste n’a cependant jamais empêché les illuminés de service, convaincus de la qualité, de l’originalité ou de la pertinence de leur projet, de se lancer dans de nouvelles aventu­res entrepreneuriales. La réussite n’est pas forcé­ment au rendez-vous et le prix des illusions parfois lourd.

Le mot-clé qui donne toujours du piment à la vie est certainement celui de projet. A partir de là, il n’y a pas de recette miracle, mais on connaît les ingrédients de base, valables quels que soient la spécialité ou le domaine concernés. Il faut trouver les bons partenaires qui partagent vos objectifs et vous appuieront sans vous étouffer, choisir les meilleurs fournisseurs et retenir des collaborateurs convaincus, aux compétences spécifiques et complémentaires. Au final, ce sont toujours les hom­mes qui font la différence. C’est une équipe qui doit porter votre projet ou qui peut le miner.

Cette dimension humaine, on la retrouve au cœur du projet Watch Around. Le propos de ce maga­zine est fort simple : parler de l’horlogerie suisse faite en Suisse. Point. La montre focalise notre at­tention, mais c’est tout ce qu’il y a autour qui nous intéresse, dans l’espace et dans le temps, et ce qu’il y a derrière elle, avant tout des hommes et des femmes au savoir-faire exceptionnel.

Chauvin? Pas vraiment, car si nos racines sont dans l’Arc jurassien, nous en connaissons les deux versants et savons que les flux migratoires historiques et quotidiens ont été et demeurent bi­directionnels.

L’horlogerie suisse ne s’est jamais si bien portée, mais ce succès est certainement plus fragile qu’on ne l’imagine. Quelques bombes à retardement traî­nent dans le jardin luxuriant des horlogers: Swiss made aux limites incompréhensibles, capacités de production proches de l’asphyxie, soucis prévisi­bles du service après-vente après l’explosion de la production, relève insuffisante… De cela aus­si, nous parlerons. Entre peindre le diable sur la muraille et se voiler la face, il y a un espace que nous occuperons en apportant modestement notre pierre au moulin, dans un esprit à la fois critique et bienveillant. Et en privilégiant les pistes qui ras­semblent. Telle est notre vocation éditoriale.