pub skyscapper
Vous avez dit Gaïa?

Vous avez dit Gaïa?

Auteur: Brigitte Rebetez

Anita Porchet maîtrise toutes les techniques de l’émail: peinture miniature, cloisonné, champlevé, paillonné ou plique à jour.

On considère à juste titre dans les milieux spécialisés le Prix Gaïa comme la distinction suprême, la récompense ultime dans le domaine de l’horlogerie. Créé par le Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds en 1993, il honore «des personnalités dont les activités, les travaux et les études liés au temps ont promu l’horlogerie et son art bien au-delà des frontières suisses».

A ce jour, une cinquantaine de lauréats ont été couronnés dans trois catégories, un palmarès international qui réunit aussi bien des talents œuvrant dans un relatif anonymat que des célébrités du secteur. Les noms des plus grands maîtres reconnus dans le monde entier y figurent.

Curieusement, dans la métropole horlogère qui l’a vu naître, le Prix Gaïa serait pratiquement inconnu de la population et de ses visiteurs… Du moins il l’aurait été jusqu’à l’irruption d’un clip décalé sur YouTube et Facebook en août dernier: une vidéo mâtinée d’autodérision, réalisée par la ville de La Chaux-de-Fonds, pour faire le buzz et lancer l’édition 2015 dans le creux de l’été. «C’était un clin d’œil pour développer la notoriété de cette distinction», résume le conservateur adjoint du MIH Jean-Michel Piguet.

La tradition a été respectée pour les trois récipiendaires de la 21e édition, qui ont eu les honneurs de la cérémonie organisée rituellement le jeudi précédant l’équinoxe d’automne. Et cette année la déesse-mère Gaïa a sans doute apprécié qu’une femme soit à l’honneur, la cinquième seulement et la première dans la catégorie Artisanat-Création. Anita Porchet a en effet été primée pour son rôle fondamental, sa persévérance et son indépendance dans la redynamisation d’un métier d’art alors en voie de disparition: l’émaillage, dont elle maîtrise toutes les techniques. Sans parler de son exceptionnel talent (lire aussi p. 42 de ce numéro).

Dans la catégorie Histoire-Recherches, Jonathan Betts, la référence scientifique du Royal Observatory de Greenwich, a été distingué pour sa contribution essentielle à l’histoire de la mesure du temps dans le domaine de l’horlogerie britannique et des chronomètres de marine. La catégorie Esprit d’entreprise est quant à elle revenue à Giulio Papi, celui que certains considèrent comme l’un plus grands concepteurs horlogers en activité. Le jury indépendant a souligné le rôle majeur qu’il a joué dans le développement des complications de montres-bracelets en fondant la société Renaud et Papi en 1986.