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Le temps des piqûres de rappel

Le temps des piqûres de rappel

Auteur: Jean-Philippe Arm

Ce numéro 020 de Watch Around est l’occasion de jouer avec les chiffres, le 20, le 2 ou le 200, et de rappeler que si l’horlogerie est fille de l’astronomie, comme chacun sait car on le dit souvent, elle est aussi, et tout autant, la fille des mathématiques, ce que l’on évoque plus rarement. Un mathématicien nous en dira plus.

C’est l’occasion aussi d’un retour sur image. C’était comment avant l’horlogerie? Il y a deux ans, ça va, c’était hier et tout le monde s’en souvient. Il y a vingt ans? Ça se gâte, la brume s’est déjà installée. Au-delà? C’est la préhistoire.

La mémoire fout le camp, phénomène naturel. On l’observe chaque jour dans nos échanges, dans les entreprises, dans les marques. C’est parfois pénible, un peu agaçant voire sidérant, de lire ou d’entendre certaines affirmations dans la bouche ou sous la plume de porte-paroles et autres préposés à la communication, comme si l’horlogerie était née avec leur entrée en fonction. Une piqure de rappel s’impose, utile à tous. Il ne faudrait jamais oublier d’où l’on vient. Encore faut-il le savoir.

On ne fera pas le reproche aux néophytes d’avoir des lacunes dans leur information, de ne pas tout connaître déjà, alors qu’ils viennent de débarquer. En revanche, la responsabilité de l’encadrement est souvent engagée dans la manière de transmettre le témoin de la réalité historique. Ce n’est pas une vraie surprise, quand on voit avec quelle facilité de nouveaux responsables s’empressent d’effacer les traces de leur prédécesseur pour engager résolument leur société dans une nouvelle direction. Fut-ce une impasse. Il y a heureusement de fort belles exceptions, avec à chaque fois une culture d’entreprise qui prime les vanités.

Ce qui est consternant pour les journalistes que nous sommes, encore soucieux de vérifier leurs informations avant de les diffuser, et qui «googlelisent» aussi leurs recherches, c’est de constater que les élucubrations, inventions pures et simples, et autres libertés prises avec les faits historiques sont systématiquement «blanchies» par le net pour devenir autant de vérités et de références. Dommage, car l’outil est si génial qu’on en viendrait à oublier sans regret la bibliothèque d’Alexandrie.

Mais foin d’esprit chagrin. Si cela concerne l’ensemble du monde et de l’information, nous avons la chance dans notre domaine d’être proches des sources, tout au long du Jura, d’avoir encore sous la main ou à portée de micros les témoins du passé et les acteurs du futur. Alors profitons-en et faisons notre miel journalistique de leurs témoignages. Le sommaire est complet? Qu’à cela ne tienne, il suffit de doubler ce numéro. Chiche! Pour fêter WA020, on vous offre WA020-2 et une deuxième tournée de piqûres de rappel.