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De la pénombre à la lumière

De la pénombre à la lumière

Auteur: Jean-Philippe Arm

Le pont de barillet de la Logical One est un pur chef-d’œuvre de décoration à la main avec 13 angles rentrants, un polissage original «graîné», des flancs satinés, une surface «colimaçonnée» et des vis maison en «s».

L’année 2013 restera gravée dans l’histoire de Romain Gauthier comme celle de la reconnaissance publique, du passage de la pénombre à la lumière. Certes ce nom était connu et respecté des connaisseurs, des amateurs de la finition extrême des composants horlogers. Il avait été adoubé par Philippe Dufour, grand expert en la matière. Il était ainsi devenu membre à part entière du club très sélect des rois de la décoration ultime, des princes de l’angle rentrant, dont les prouesses sont partagées par les aficionados sous la forme de macrophotographies qui ne pardonnent rien. Et qui donnent lieu à des classements.

Dans ce magazine, nous avons très naturellement recouru à ses services pour illustrer de manière éclatante et incontestable la qualité absolue de la décoration manuelle des mouvements, images publiées entre celles de son illustre voisin du Sentier et celles venues de Glashütte, du côté de chez Lange & Söhne, autres cadors du genre.

A ne pas rater
L’an dernier à Bâle, le bruit a couru qu’il ne fallait rater sous aucun prétexte une nouveauté dans un stand très modeste de la halle 2: La Logical One. Ce modèle d’une technicité originale sur fond de force constante résumée en un colimaçon (WA016) faisait l’unanimité. Elle allait faire aussi celle du Jury du Grand Prix d’Horlogerie de Genève en automne. Et c’est ainsi qu’en novembre sous les projecteurs du Grand Théâtre, Romain Gauthier apparaissait en pleine lumière pour recevoir le prix de la montre homme compliquée.

Tout s’est accéléré depuis Baselworld 2013 puisque la petite entreprise de la Vallée de Joux, qui travaillait aussi et surtout pour d’autres a déménagé en janvier et regroupé ses forces productives dans de nouveaux ateliers qui ont passé de 380 m2 à 700 m2.

Et voici que fort de son succès dans la haute horlogerie mécanique, il va présenter cette année une collection orientée vers les métiers d’art, en commençant par le sertissage et les jeux de lumière. Complément classique et attendu? Certainement, mais avec une légitimité fondée sur des exigences déjà démontrées en matière de décoration. Et une demande qui s’est déjà manifestée.

Le jeune Combier court-il le risque que le succès lui monte à la tête? Pas de souci, ce serait mal le connaître que de l’imaginer. On retrouve ces traits dans un travail qui exprime une personnalité: sérieux et rigueur sont les maîtres mots d’un parcours tracé au burin.