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Créons une marque de montres!

Créons une marque de montres!

Auteur: Timm Delfs

Thomas Steinmann a convaincu 750 actionnaires

Grâce à l’Internet, le crowdfunding est une séduisante opportunité de réaliser des projets qu’on ne saurait financer seul. Mais est-ce que ça marche pour lancer une marque de montres?

Kickstarter, Indiegogo, 100-days, Wemakeit: l’Internet regorge de sites de crowdfunding (financement participatif). Les uns se sont imposés sur le marché international, d’autres pas encore. En les compulsant, on tombe sur des idées parfois géniales, parfois franchement obscures. Les projets les plus prometteurs sont ceux dont le produit final n’est pas cher: des livres, des CD, car les donateurs – aussi appelés supporters – pourront se payer le produit une fois concrétisé. Quand on s’engage à verser de l’argent pour un produit, la carte de crédit n’est actionnée que lorsque l’objectif de dons est bel et bien atteint. Si un projet ne trouve pas assez de soutiens à l’échéance du délai fixé, les comptes des candidats supporters ne sont pas sollicités.

Par conséquent, le crowdfunding reste plutôt rare dans l’industrie horlogère. Oliver Ike, cofondateur de la marque Ikepod, a tenté le coup en 2013 avec la marque A. Manzoni & Fils. Il a lancé deux appels de dons sur le site international Kickstarter, afin de collecter de quoi produire sa première montre. Mais les deux tentatives n’ont pas atteint l’objectif fixé. Le site www.amanzoni.com a certes toujours belle allure, mais il n’a pas été actualisé depuis un an.

«Je pense qu’Ike a échoué parce qu’aux donateurs de petits montants il ne proposait pas une vraie participation à l’aventure de sa société. Il leur faisait miroiter des produits dérivés avec le logo de la marque», conjecture Thomas Steinmann qui a lui aussi financé par le biais d’Internet son projet, la marque de montres DuBois et Fils. A la différence d’A. Manzoni & Fils, sa marque produit et livre déjà. Qu’a-t-il donc fait? «DuBois et Fils n’a pas été financée par une plateforme de crowdfunding usuelle, mais via notre propre site qui continue de gérer toutes les interactions entre la marque, ses supporters et les clients», explique le manager qui, précédemment, fut le représentant en Suisse de la marque américaine Fossil.

Son modèle, d’ailleurs, il ne l’appelle pas crowdfunding mais equity funding. La différence: «Chez nous, on n’est pas simplement supporter mais petit actionnaire. Avec l’argent investi, on devient automatiquement partenaire de la société. Dans la mesure où l’on peut acheter nos montres à un prix imbattable, on obtient pour son argent une contrepartie mesurable et l’on s’identifie à la marque et à ses produits. Nos 750 actionnaires sont devenus nos meilleurs ambassadeurs.»

L’ensemble de la collection est visible sur le site www.duboisfils.ch, où l’on peut aussi commander le modèle désiré. Il existe trois familles de produits déclinés en diverses variantes. Pour chaque modèle, 33 ou 99 exemplaires sont numérotés, ce qui accroît leur attrait. Un champ indique quels numéros sont encore disponibles. Il suffit de cliquer pour acheter.